Niveaux d’analyse de contenu
Trois niveaux d’analyse et de traitement des matériaux récoltés dans le cadre de l’étude se croisent et interagissent.
Le niveau individuel et inter-personnel
Le premier niveau d’analyse est celui de l’individu lui-même sur lui-même. L’entretien doit être une proposition faite à la personne d’entamer ce travail autobiographique, soit en provoquant un second entretien, soit en soutenant son travail personnel. D’autant plus, l’expérience le montre, qu’il est rare d’épuiser toutes les questions en un seul entretien d’environ 1h30.
L’entretien doit permettre avant tout pour la personne de raconter son parcours d’expérience. Il faut donc plutôt la laisser parler. La grille d’étude s’applique ensuite, mais nous pouvons au cours de l’entretien demandee des précisions ou insister sur un point si nous pensons que telle partie de la grille d’étude n’a pas été abordée ou a été insuffisamment développée.
Dans un premier temps, il s’agit de restituer à l’individu les matériaux récoltés sous la forme d’un texte. Il est préférable pour cette raison d’enregistrer l’entretien pour en récolter la « matière brute ». Cela permet pour la personne d’entamer un travail réflexif en relisant ses propos. Dans chaque région des personnes doivent être susceptibles de retranscrire les enregistrements, des personnes qui ont du temps comme les retraités.
Les supports collaboratifs Internet constituent aussi des outils à saisir, il s’agit de permettre à la personne de se les approprier d’où l’importance de les maîtriser soi-même. Par exemple la création d’un blog personnel pour développer sa recherche-action peut-être un bon support.
Enfin, l’entretien doit permettre à la personne « d’entrer en recherche-action ». Le but est d’inviter la personne ensuite à participer à un atelier de recherche-action ou il pourra continuer sa recherche sous une forme collective en croisant son expérience avec d’autres. C’est là qu’intervient aussi le « travail coopératif à distance » qui offre la possibilité aussi d’échanger sur plan inter-régional.
Dans un second temps, la grille d’étude intervient suite aux entretiens, pour vérifier si l’exposé de ces parcours d’expérience reprend les questions que nous nous posons. Si oui, cela veut dire que notre problématique de travail est en concordance avec les enjeux actuels portés par les acteurs populaires. Dans tous les cas, la grille d’étude sera amenée à évoluer, c’est normal.
Le niveau collectif régional
Les problématiques que permet de saisir la grille d’étude à partir des entretiens seront reprises dans des ateliers de recherche-action.
La mise en place des ateliers de recherche-action est directement liée au travail autobiographique : en engageant les acteurs dans une démarche réflexive, il leur est proposé de poursuivre cette démarche dans un cadre collectif. Un des objectifs est de mettre en discussion les matériaux qualitatifs (entretiens) et quantitatifs (questionnaires) de l’étude. C’est un travail collectif et interactif associant les acteurs concernés.
Il s’agit d’offrir la possibilité aux acteurs de contribuer de manière transparente à toutes les étapes du programme et d’en être co-animateur et coproducteur ; d’analyser les informations recueillies avec les acteurs motivés par ce travail.
Le but des ateliers de recherche-action est donc de pouvoir poursuivre les questions abordées en entretien, mais de manière transversale en groupe. La dynamique de groupe ne peut tenir que si les personnes sont impliquées personnellement dans une recherche-action. Inviter des personnes qui n’ont pas fait ce travail d’entretien ou ce travail sur soi-même n’est pas indiqué. Il est toujours possible, lors de restitution publique par exemple, d’élargir le cercle et d’inviter d’autres personnes ou des partenaires. Un groupe n’est donc pas obligatoirement important (6 à 10 personnes). Il est préférable de provoquer un autre atelier de recherche-action si le territoire est étendu géographiquement.
Un des rôles de l’atelier de recherche-action est de travailler sur les matériaux récoltés par l’étude autant qualitatifs (entretiens, comptes rendus d’expérience) que quantitatifs (questionnaires). C’est donc l’instance régionale d’analyse et de production de connaissance. Les personnes qui s’engagent dans l’atelier de recherche-action doivent pouvoir le faire régulièrement et dans la durée, au moins celle de l’étude elle-même.
Évidemment les problématiques abordées sont aussi liées aux enjeux régionaux. Nous venons de l’évoquer, l’intérêt de la recherche-action est d’impliquer une transformation personnelle mais aussi sociale : développement de réseaux coopératifs dans un champ d’activité spécifique, projet de développement culturel, etc.
Le niveau inter-régional
Le plan inter-régional permet d’établir un travail comparatif au-delà des spécificités locales ou régionales, personnelles et culturelles. C’est ce qui garantit à la connaissance produite par l’étude d’être universelle, c’est-à-dire de toucher tout le monde et être comprise par tout le monde. C’est donc aussi une dimension politique qui est atteinte à travers les formes de restitution et de diffusion de la connaissance.
C’est le but de la coordination inter-régionale ainsi que la plate-forme de travail coopératif à distance. Cela correspond aux plates-formes Internet : groupware (coopération entre les individus et les équipes), CMS (gestion et publication de contenu), wikis (écriture collaborative), Blog (journal texte et multimédia).
