Principes généraux de la recherche-action
La recherche-action est une intelligence collective au service d’une transformation dans le sens où elle représente une manière de produire de la connaissance en transformant sa propre réalité personnelle et sociale.
La personne n’est pas objet mais sujet de la recherche, c’est elle qui anime le processus et en maîtrise la production. Cette manière de travailler à partir de l’intérieur de l’expérience humaine ouvre un champ de connaissance que même les méthodes classiques en sciences humaines atteignent difficilement.
La recherche-action est une science de la complexité, dans le sens où elle considère les situations humaines comme un tout et s’oppose à la segmentation des savoirs. Elle est aussi une science de la praxis : elle permet à l’individu de développer une réflexivité sur sa pratique, prendre conscience de son rôle d’acteur et du sens historique de son action.
La recherche-action peut ainsi se décliner en différentes familles d’intervention. Certaines vont plus s’attacher à la dynamique de groupe et aux changements au sein d’une structure, d’autres se concentrer sur l’individu et sa dimension existentielle, d’autres sur l’aspect stratégique de l’action et la mise en mouvement social.
Mais dans tous les cas, elle est liée intimement aux préoccupations des acteurs concernés qui doivent pouvoir accompagner l’ensemble du processus et réinvestir directement la connaissance dans l’action. Elle exige une forte implication dans un travail en situation humaine au cœur de la réalité sociale.
Les champs d’application de la recherche-action sont multiples. Historiquement elle a commencé dans les années 40’ aux États-Unis sous la forme de « training group » en entreprise (travail sur l’expérience vécue au sein d’un groupe). Le secteur de l’éducation et du développement ont souvent représenté un champ d’innovation. Nous y retrouvons une démarche d’expérimentation et d’autoformation, l’esprit de coopération et de responsabilité sociale.
D’une manière générale, là où l’humain est au centre la recherche-action est possible, particulièrement dans les moments de mutations lorsque les repères habituels sont bouleversés et que nous manquons d’outils pour comprendre le monde.
Nous l’appliquons par exemple dans le domaine du travail de la culture, car elle permet à travers les parcours d’expériences (autobiographies) issus de mouvements culturels populaires, la mise en œuvre de groupes pluridisciplinaires (ateliers de recherche-action) dans une approche transversale et systémique (relation amateur/professionnel, espaces intermédiaires de formation, lieux culturels alternatifs, etc.).
Les conséquences d’une recherche-action sont multiples. Elle permet de toucher directement les acteurs concernés. Ces individus non légitimés initialement dans leurs pratiques peuvent faire valoir un champ de compétence et se poser comme partenaires sur les questions qui les préoccupent. L’accompagnement de logique d’autoformation facilite la validation d’acquis, etc.
