fév 242009
 

 
Atelier 30 janvier

Local des Francas –

 

Présents : Christine – Bernadette – Fanny – Nicolas

Nous choisissons lors de cet atelier de travailler sur le « mouvement ». Dans sa formulation d’origine, cette notion était employée dans notre problématique liée aux lieux culturel. (cf. « quand le mouvement devient secteur »). Nous devions avant tout nous plonger dans la définition de la notion de « mouvement » pour pouvoir ensuite l’utiliser dans notre problématique de travail.

En tout 3 chantiers sont à développer de cette manière. Il s’agit de thèmes de travail, d’axes de recherche. Nous décidons d’enlever les entêtes conventionnels des problématiques, car nous pensons les interroger et les déconstruire dans les développement. Ainsi « éducation populaire – instruction », « lieux alternatfifs », « économie sociale et solidaires » ne feront plus partie des titres, mais seront développés et questionnés dans le contenu des réflexions.

Voici la nouvelle formulation de nos axes de travail, qui n’est plus sous forme de question, mais plutôt d’une action, faisant appel à l’expérimentation concrète:

 

1/ (re)Définir une logique de transmission au regard d’enjeux contemporains de société.

 

2/ La création et la vie d’espaces d’émancipation non sectorisés, accueillant la mise en mouvement.

 

3/ La transformation des rapports de l’humain au travail, à la consommation et à l’argent dans une nouvelle forme d’organisation économique.

 

 

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Sur le « mouvement » :

 

Volonté d’émancipation perpétuelle:

Lors de cet atelier, les réflexions concernant cette notion ont souvent pris pour exemple le mouvement du rock n roll, et le mouvement de l’éducation populaire.

Nous envisageons donc différents niveaux de mouvements :

  • Celui qui part de l’individu (mise en mouvement), quand il se met en action, prend du recul, crée, réfléchit et réagit, se déplace physiquement et mentalement…

  • Celui qui est partagé par un collectif, avec ses codes (vêtements rock n roll…), ses identifications, sa portée politique…

 

Ces deux niveaux marchent ensemble, le mouvement collectif étant à la fois une transformation, une évolution, une convergence, un réceptacle de mises en mouvement individuelles.

La volonté d’émancipation est évoquée comme ressort de la mise en mouvement, qu’on peut retrouver au delà des esthétiques et des milieux. Ce ressort constitue « un tronc commun ». Nous faisons le constat que cette volonté d’émancipation entraîne un mouvement perpétuel (Christine cite l’exemple des femmes qui pendant la guerre, en allant au travail notamment pour fabriquer des armes, se sont émancipées du joug masculin, mais sont tombées dans la domination du travail.)

En faisant un point sur son parcours, Christine décrit comment le mouvement du rock, par besoin de reconnaissance, de structuration, de stabilité, de moyens, s’est transformé en un secteur. Le jour où ce secteur n’accueillait plus le mouvement, elle s’en est détachée. Ainsi sa mise en mouvement est continue.

 

Processus / Projet :

Nous reprenons l’image du tronc de l’arbre pour décrire la notion de processus. C’est à dire un circuit peu visible dans lequel passe l’énergie pour donner feuilles et fruits perceptibles. Ces derniers serait des « projets », comme l’émanation la plus visible du processus.

Nous établissons une corrélation entre l’articulation « processus-projet », et l’évolution « mouvement-secteur ».

Le mouvement perd son ressort « émancipation » et se fait récupérer quand il se conforme aux logiques lobbyistes dans le but de « peser dans la balance ». De la même manière, un collectif (peu importe sous quelle forme) qui entre dans une logique de projet pour se structurer sans travailler sur le processus, est dépossédé du sens de son action.

 

Comment rendre visible un processus sans entrer dans la logique sectorielle et de projet?

Ceci reste encore à expérimenter. Les « journées interstices » peuvent être conçues comme un moyen de faire en sorte « que les fruits et les feuilles soient bien en lien avec le tronc, et qu’elles y reviennent pour mieux le nourrir ».

Il ne faut pas délier non plus cette expérimentation de ses enjeux politiques. Sinon nous reproduisons la folklorisation d’esthétiques et de réflexions, qui caractérise bien l’effet de la transformation du mouvement en secteur.

Petite parenthèse sur la critique de la psychanalyse de Deleuze, qui au détour de son concept « d’anti oeudipe » dit en gros cela « il faut arrêter d’interpréter. L’interprétation des rêves et des signes conscients ou inconscients aident finalement peu à la compréhension et à l’analyse, car ne transforment rien. L’important c’est de vivre des expériences et des situations, c’est l’ensemble complexe du vécu qui transforme »

Ce travail sur la notion de mouvement viendra enrichir la grille d’étude permettant d’analyser les entretiens.

 

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Sur la transmission :

 

Suite à un travail par mail concernant le deuxième entretien de Charlotte, Fanny fait ressortir 5 points structurant cet entretien :  

  • le fossé entre les idéaux développés dans l’éducation populaire et le "carcan" éducation nationale
  •  une éducation nationale en pleine destruction de l’intérieur, ceci est lié au désinvestissement "moral" des profs devenant les boucs émissaires d’une société malade

  •  une nécessité absolue d’une éducation "égalitaire" pour tout un chacun, ce moule républicain instauré il y a plus d’un siècle qui n’en est plus vraiment un… mais pour autant nécessité d’une école gratuite et obligatoire, qui permettrait à tout un chacun de prendre son envol avec les bases nécessaires

  •  difficultés pour quelqu’un étant à la fois parent et prof d’être confronté à ses pairs et de faire ressortir ce malaise : éducation des parents/ instruction à l’école … pourquoi et comment les deux doivent se conjuguer … comment définir ce second "interstice"?

  •  le fait de rêver d’un autre monde éducatif peut-il être compatible avec la gestion du présent?

 

En réponse, j’ai proposé quelques étapes pour mieux visualiser comment chacun peut poursuivre son travail sur son entretien, en aller retour avec le collectif:  

1/ Description de la situation, conscientisation et verbalisation du problème
(ca correspond aux 3 premiers points qui construisent la charpente de son entretien, et discussion sur ce constat avec le collectif)

2/ Description théorique d’un idéal, et mise en contraste (décalage) par rapport à la réalité (point 4 et 5, à développer encore)

3/ travail de transformation de la réalité vers l’idéal (quel espace d’expression trouver pour pouvoir exprimer la problématique développée et rédigée. Si nécessaire, créer cet espace dans une rencontre avec des collègues, une réunion de travail selon une nouvelle forme, un moment de restitution…)

4/ retour au point 1, avec descriptions de la transformation provoquée.


(S’il n’y a pas ce retour, cette boucle de travail, il s’agirait simplement d’un rapport d’expert qui préconiserait des actions et ferait des recommandations de spécialiste. En recherche-action l’idée c’est qu’il revient à la personne elle même de trouver ses propres possibilités de transformation et de s’employer à les réaliser en situation, puis analyser à nouveau cette situation transformée).  

Toutes ces étapes feraient l’objet d’une écriture de recherche, qui viendrait enrichir les 3 thèmes de travail que l’on s’est lancé collectivement. Les entretiens (qui peuvent se faire plusieurs fois) sont là pour faciliter cette écriture, et pour alimenter les réflexions collectives grâce à leur analyse.

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