Architecture fluide végétale

Sur une autre conception des modes de structuration de l’expérience humaine

P1000889 Notre charpente existentielle s’approche plus de la fluidité du végétal que de la rigidité du vertical. Le schéma conventionnel qui voudrait qu’une architecture soit figée et rectiligne pour nous porter et nous structurer nous empêche finalement de vivre et nous fragilise.


DSC00391



Si nous appliquons à l’expérience humaine ce nous dit La Fontaine dans le « chêne et le roseau », alors le plus résistant n’est pas apparemment le plus solide.




P1000402 Claude Parent et Paul Virilio avaient théorisé à leur époque l’alternative d’une « architecture oblique ». Cet esprit des espaces en pentes favorise le mouvement et replace le corps au centre des interactions quelque part où le sensible et l’intelligible s’enrichissent mutuellement…




DSC00418 S’appuyer sur le végétal permet de réintroduire ces « espèces d’espaces » de Georges Perec particulièrement menacées d’extinction : les espaces autonomes ou interstitiels, là où peut s’exercer une qualité de présence, des histoires de rencontres, des chemins que se dessinent en marchant.




P1010172 L’image la plus juste serait un jardin plutôt sauvage échappant aux lois domestiques. C’est précisément un espace qui pousse du milieu, dont le processus d’émergence ne peut être défini par ses extrémités. Laissez un morceau de ville en friche, un espace sans fonction et voyez comment l’esprit rebelle écarte les murs.




DSC00178 C’est impressionnant, la force d’un brin d’herbe, alors un être humain, imaginez s’il se met simplement à changer de point de vue, d’un obstacle qui sépare en faire un lieu qui réunit, imaginez cette force qui joue des contraintes d’autant de lézardes esthétiques comme un exercice de style à la Queneau, elle peut alors soulever n’importe quel obstacle comme levier de transformation sociale.



P1010136 Il faut de l’espace pour innover, cette architecture fluide nous l’enseigne et indique par là un autre rapport au temps. Habituellement opposés par l’esprit gestionnaire et sécuritaire, l’éphémère à la durée, le mobile et le stable se rejoignent ici dans le même mouvement de l’expérience comme des situations en spirales.



DSC00654-1 Cette force instituante crée de l’espace dans l’ordre même de l’institué et ainsi fait évoluer l’institution de l’intérieur, condition incontournable pour renouveler le pacte citoyen et faire société.





Copie-de-P1000156 Ce mouvement souple, imaginatif du vivant construit et déconstruit les villes, sous l’apparence de l’interstitiel et de l’éphémère crée des centralités résistantes à l’enfermement et aux ghettos comme ces cultures populaires émergentes avec ses interfaces et ses déambulations.



Jardins-du-Ruisseau4 Alors, quand le « culturel » (industriel ou institutionnel) empêche ce travail de la culture, muséifie et commercialise l’espace, revenons au jardinage! Les architectures fluides et végétales favorisent cet art de cheminer ensemble et gardent ouvert un champ du possible quand l’espace public retrouve sa fonction politique.








Quelques autres photos prises dans ces déambulations (crédit H.B.) :

PrintFriendly and PDF

Laisser un commentaire

Votre commentaire

*