Archive pour la catégorie ‘Université populaire de Paris VIII’

Méthodologie, éthique et dialectique

Mercredi 7 avril 2010

Tu poses complètement les termes du changement vécu actuellement par l’u2p8 car il s’agit bien du pouvoir des mots. En effet, nous laissons, peu à peu, derrière nous des propos spontanés, réactifs pour commencer à construire une parole pensée et raisonnée. De ce fait, l’utilisation des mots n’est plus anodine et doit être pesé et réfléchi. Ce changement est normal voire attendu car nous devenons peu à peu des chercheurs en Sciences humaines et la question de nommer les choses et de bien les nommer est fondamentale. Mais, il est vrai que cela est bien plus difficile.

De plus, mes collègues insistent sur la question de l’éthique dans notre UP et je partage complètement leur avis mais j’ajouterai que nous avons fait le choix de la construire ensemble avec ce risque d’incompréhension, de doute, … Mais, le jeu faut bien la chandelle car cette même question de l’éthique est, de ce fait, réellement posée et pas simplement survolée ou évoquée.

Aussi, je pose une nouvelle pierre à cet édifice en abordant la question de la dialectique, question suggérée à plusieurs reprises dans nos discussions. Il s’agit ici d’accepter voire de rechercher la confrontation d’idées, de points de vue afin de les dépasser pour construire ensemble de nouvelles connaissances collectives, il s’agit non pas d’éviter le débat mais de se situer dans l’exercice de la controverse bienveillante.

Voilà, nous entrons, de plein pied, dans une nouvelle ère de l’u2p8 où nous serons constamment tiraillés par ces questions de méthodologie, d’éthique et de dialectique et je vous invite à vous y référencer dès maintenant dans vos travaux de recherches.

Entre l’Université populaire et une journée Interstice

Vendredi 4 septembre 2009

Toujours est-il au même endroit et tout en prenant ce même café, je me pose ce matin la question[1] des liens et des différences entre l’Université populaire et une des journées «Interstice» organisées par le LISRA. Avant de répondre à cette question, je dois préciser que je base toute la réflexion de cet article sur la projection de ce que peut être l’Université populaire expérimentale de Paris VIII[2] et mon unique contribution[3] aux multiples journées « Interstices » organisées par le LISRA.

Ces liens semblent évidents car il nous faut travailler quelque chose dans ce sens là : la démarche de recherche-action, la démarche d’autoformation collective ou quelque chose de ce genre. Il y a quelque chose de semblable qui serait à dégager de ces initiatives : il s’agit de construire collectivement une représentation nécessaire et suffisante de ce que l’on vit, de ce que l’on souffre, bref, de se représenter toutes nos difficultés à vivre : d’être cet acteur précaire d’un système[4] … Aussi, de là, il faudrait dégager quelque chose de plus politique ou il faudrait construire ensemble une vraie parole transcendante, parole sortante de la sphère privée de notre réseau pour se fracasser dans l’espace public[5]. Comment ? C’est toute la question que je pose au collectif LISRA et à l’Université populaire expérimentale de Paris VIII.

Un autre lien à déceler est celui de la posture du chercheur ou tout au moins celle des acteurs en recherche à travers ce qu’ils font. Si le nom des acteurs n’est pas le même : d’un côté, chercheurs-acteurs du LISRA et de l’autre, apprentis-chercheurs/animateurs de l’U2P8, leur action semble s’inscrire dans la même mouvance de réflexion autour de leur expérience ancrée dans une réalité sociale non satisfaisante dont il est urgent de transformer collectivement avec et sans doute les mêmes soucis notamment celui du rapport à l’écriture.

Différentes voire même contradictoire car le cadre institutionnel n’est pas, du tout, le même. D’un côté, l’U2P8 est une projection d’universitaires, militants-chercheurs dont l’objectif est d’atteindre des personnes les plus éloignées de l’université pour les amener peu à peu sur les bancs de la fac. De l’autre côté, le laboratoire LISRA est composé d’acteurs souvent très éloignés de l’Université et dont leurs travaux de recherche pourraient, sans aucun doute, intéressés la fac. Se pose alors toute la question de la rencontre entre l’U2P8 et le LISRA !

La rencontre est rêvée, souhaitée voire même envisageable ! « Nous avons besoin de nous », cette invitation n’est pas à prendre à la légère car derrière cette boutade, se présente des enjeux de confrontations nécessaires pour établir des liens forts entre les acteurs de terrain et l’Université. Enjeux car les acteurs de terrain ne supportent plus vraiment d’être considérés comme dans une éprouvette, enjeux car les universitaires ont bien du mal à trouver un terrain. Rencontres enjeux et surtout échanges mutuels entre nous et nous.


[1] A la demande d’Hugues Bazin
[2] Son lancement est prévu seulement en octobre 2009.
[3] Celle du 2 juillet 2009 à la Goutte d’Or, quartier du XVIII eme arrondissement de Paris.
[4] En référence à Crozier
[5] En référence à Habermas

La composition du groupe

Vendredi 4 septembre 2009

La composition du groupe pose, en fait, la question du choix entre une composition homogène ou hétérogène du groupe d’apprentis-chercheurs/animateurs. Faut-il projeter un groupe composé de personnes appartenant à la même tranche d’âge, même catégorie socioprofessionnelle, … ou faut-il privilégier la mixité sociale, générationnelle, … ? La réponse à cette question se situerait plutôt du côté de la diversité car elle est source de richesse mais soyons pragmatique, le groupe se constituera à partir des personnes intéressées par cette démarche et nous n’aurons pas vraiment le choix. D’ailleurs et en fonction de cette réalité, nous avons retiré le terme « sélection » du vocabulaire de l’Université populaire expérimentale de Paris VIII pour le remplacer par celui de « d’entretien d’accueil ». En effet, lors de ce dernier, nous vérifierons seulement et ensemble la disponibilité et l’engagement des personnes intéressées dans la constitution du groupe d’apprentis-chercheurs/animateurs.

Le rapport à l’écriture

Vendredi 4 septembre 2009

Le rapport à l’écriture pose, en fait, la question plus large de l’approche pédagogique et de la production de connaissances au sein de l’Université populaire. Comme il a été précisé lors de cette assemblée, la démarche proposée ici articule deux pratiques  pédagogiques particulières :

  • La première est issue de l’éducation populaire et se situe dans des méthodes d’autoformation collective éprouvées depuis la Résistance. Elles s’appliquent à des groupes dont la plupart est composée d’autodidactes et ces groupes deviennent, de ce fait, des chercheurs collectifs.
  • La seconde est issue de ce qui est vécu dans le troisième cycle universitaire lorsque les étudiants sont confrontés à l’écriture de mémoire ou de thèse. Nous nous situons plutôt dans une démarche d’accompagnement et de déblocage dans la production de connaissances.

Ces deux pratiques conjuguées permettent de concevoir l’écriture non plus comme un frein mais comme un levier, de transformer le problème de l’écriture en projet d’apprentissage (en référence aux productions universitaires autour de la question de l’autodidactie). De toute façon, le groupe sera accompagné par des chercheurs-formateurs expérimentés à ce genre de difficultés et nous prendrons le temps nécessaire pour réaliser ensemble ce projet d’apprentissage.

Compte rendu de l’Assemblée Constituante

Lundi 31 août 2009

L’Assemblée Constituante de l’Université Populaire Expérimentale de Paris VIII a eu lieu dans les locaux de Paris VIII le 27 août 2009, elle a débuté à 18h00 et s’est clôturée à 21h00. Cette assemblée a réuni 39 personnes.

Ordre du jour

L’ordre du jour s’est décliné en trois temps :

  • une présentation de l’Université Populaire Expérimentale (U2P8);
  • la présentation des participants par un tour de table;
  • des débats autour de questions soulevées lors des points précédant de l’ordre du jour.

Cette assemblée s’est prolongée après sa clôture au restaurant en face de l’université.

Déroulement

Présentation brève de l’U2P8 : la présentation a été faite par une partie du comité d’organisation notamment C. Verrier, J-L Le Grand, J. Bourrieau et moi-même. Elle a été brève car le comité d’organisation a souhaité laisser le plus de temps possible la parole aux participants. Cependant, il a été rappelé l’originalité de cette université de par son approche recherche de l’éducation populaire du XXIème siècle aux prises directes aux questions posées par les territoires.

Tour de table : nous ne pouvons pas entrer dans les détails mais nous devons signaler la forte mobilisation du réseau éducation populaire du département de la Seine-St Denis[1] ainsi que la présence d’enseignants et de doctorants de Paris VIII. D’autres personnes sont venues à titre individuel mais travaillent dans des institutions[2] intéressant l’Université populaire. Enfin, les mouvements d’éducation populaire Peuple et Culture et Culture et Liberté étaient présents à titre institutionnel.

Débats : quelques questions se sont posées lors de ce débat notamment celle de la composition du groupe d’apprentis-chercheurs/animateurs, celle de rapport entre l’oralité et l’écriture et enfin, celle des valeurs défendues par l’université populaire. Bien sûr, nous n’avons pas complètement épuisé collectivement ces questions mais nous nous sommes engagés à les travailler dans les semaines suivantes.

Conclusion : il a été demandé expressément aux participants de cette assemblée de diffuser les informations dans leur réseau quant au lancement de l’Université Populaire en octobre prochain.  


[1] Notamment des personnes travaillant dans des villes telles que St Denis, Aulnay/Bois, Montreuil, Bagnolet, Roissy-en-France, Blanc-Mesnil, Bobigny ou au Conseil général de Seine St Denis.
[2] Le CERHEP, le CMETLV, la fédération des centres sociaux de Paris, l’échomusée de la Goutte d’Or, la maison des Babayagas, le collectif  éducation populaire et transformation sociale (OCR) ainsi que l’Université populaires du 92, l’Université citoyenne et populaire du 93 et la Petite université libre et populaire (PULP) de Tence (43).

Au lendemain de l’ouverture de l’Université populaire de Paris VIII

Dimanche 30 août 2009

Toujours au même café où j’écris mon journal tout les matins, je suis un peu vidé, cela était fort hier soir car l’Université populaire expérimentale  s’est enfin concrétisée au bout de deux ans de travail de préparation, de prises de contact, … Mais, cela a marché, 39 personnes étaient présentes lors de cette assemblée et il manquait du monde. Maintenant, c’est concret, cela devient opérationnel. Plus globalement, la filière de l’éducation populaire de l’Université prend forme: les formations telles que l’Université populaire, la famep et le tout nouveau DHEPS créé à Paris VIII ne paraissent plus concurrentes mais bien complémentaires, appartenant chacune à un ensemble cohérent, visible, … Mais, beaucoup de questions restent en suspend concernant l’Université populaire : celle de la composition du groupe d’apprentis-chercheurs/animateurs, celle de rapport entre l’oralité et l’écriture, enfin, celle de l’utilité politique de cette université populaire.