Toujours est-il au même endroit et tout en prenant ce même café, je me pose ce matin la question[1] des liens et des différences entre l’Université populaire et une des journées «Interstice» organisées par le LISRA. Avant de répondre à cette question, je dois préciser que je base toute la réflexion de cet article sur la projection de ce que peut être l’Université populaire expérimentale de Paris VIII[2] et mon unique contribution[3] aux multiples journées « Interstices » organisées par le LISRA.
Ces liens semblent évidents car il nous faut travailler quelque chose dans ce sens là : la démarche de recherche-action, la démarche d’autoformation collective ou quelque chose de ce genre. Il y a quelque chose de semblable qui serait à dégager de ces initiatives : il s’agit de construire collectivement une représentation nécessaire et suffisante de ce que l’on vit, de ce que l’on souffre, bref, de se représenter toutes nos difficultés à vivre : d’être cet acteur précaire d’un système[4] … Aussi, de là, il faudrait dégager quelque chose de plus politique ou il faudrait construire ensemble une vraie parole transcendante, parole sortante de la sphère privée de notre réseau pour se fracasser dans l’espace public[5]. Comment ? C’est toute la question que je pose au collectif LISRA et à l’Université populaire expérimentale de Paris VIII.
Un autre lien à déceler est celui de la posture du chercheur ou tout au moins celle des acteurs en recherche à travers ce qu’ils font. Si le nom des acteurs n’est pas le même : d’un côté, chercheurs-acteurs du LISRA et de l’autre, apprentis-chercheurs/animateurs de l’U2P8, leur action semble s’inscrire dans la même mouvance de réflexion autour de leur expérience ancrée dans une réalité sociale non satisfaisante dont il est urgent de transformer collectivement avec et sans doute les mêmes soucis notamment celui du rapport à l’écriture.
Différentes voire même contradictoire car le cadre institutionnel n’est pas, du tout, le même. D’un côté, l’U2P8 est une projection d’universitaires, militants-chercheurs dont l’objectif est d’atteindre des personnes les plus éloignées de l’université pour les amener peu à peu sur les bancs de la fac. De l’autre côté, le laboratoire LISRA est composé d’acteurs souvent très éloignés de l’Université et dont leurs travaux de recherche pourraient, sans aucun doute, intéressés la fac. Se pose alors toute la question de la rencontre entre l’U2P8 et le LISRA !
La rencontre est rêvée, souhaitée voire même envisageable ! « Nous avons besoin de nous », cette invitation n’est pas à prendre à la légère car derrière cette boutade, se présente des enjeux de confrontations nécessaires pour établir des liens forts entre les acteurs de terrain et l’Université. Enjeux car les acteurs de terrain ne supportent plus vraiment d’être considérés comme dans une éprouvette, enjeux car les universitaires ont bien du mal à trouver un terrain. Rencontres enjeux et surtout échanges mutuels entre nous et nous.
[1] A la demande d’Hugues Bazin
[2] Son lancement est prévu seulement en octobre 2009.
[3] Celle du 2 juillet 2009 à la Goutte d’Or, quartier du XVIII eme arrondissement de Paris.
[4] En référence à Crozier
[5] En référence à Habermas