Archive pour octobre 2009

Mon journal d’intervention dans la famep

Dimanche 4 octobre 2009

Le 22 juin 2009 à Vigy

Cela commence bien, la machine à café est en panne ! Bon ce n’est pas très grave, il suffit d’attendre un peu. Bref, le p’tit déjeuner est déjà ce tout premier moment de rencontre. Le résidentiel est intéressant pour cela.  On cause, on dit nos premières conneries. On se découvre, on enlève nos couvertures, nos masques!

9h00

C’est parti ! On y est, nous sommes dans cette belle salle, là, on est tous là, les participants, les tuteurs, les formateurs et coordinateurs. Salvator est ému et je le comprends bien. Après cette courte présentation institutionnelle, Hervé et Hélène nous propose différents jeux pour déjà mieux nous connaitre, d’ailleurs, les barrières institutionnelles esquissées, au tout début, sont déjà tombées. Ce qui me plait bien aussi est l’animation d’Hélène (elle est participante et pourtant, elle est en situation de formatrice), plus que le fait de se connaitre, elle nous a montré simplement qu’un mot, une idée, un concept peut avoir de multiples facettes, de multiples représentations (L’acceptation de différents points de vue d’un même objet est essentielle pour la famep) . Et pourtant, l’objectif de cette première matinée est de se fédérer pour élaborer collectivement sous forme d’un blason.

14h00

Tugdual et moi étions sûrs de la réaction des participants et tuteurs lorsque nous avons  évoqué la déconstruction-reconstruction de la formation : cela produit un malaise déstabilisant. Tout le monde s’attend à quelque chose de construit et nous les invitons à tout démolir. C.-à-d., le paradoxe entre l’autoformation défendue par l’éducation populaire et un programme quasiment scolaire  dont les contenus sont cadrés voire rigide. Nous avons choisi la voie de l’autoformation, elle n’est pas ancrée dans nos cultures d’apprentissage formelle et de ce fait, elle n’est pas rassurante. Autre question, que doivent faire les tuteurs? Ah bon, ils doivent faire quelque chose ? Oui. Quoi? A vous de nous dire ce qu’il serait pertinent de faire pour que le famep soit réellement transformatrice et démultipliée à travers les projets menés par les participants dans leur structure. Jean-Paul De France me fait remarquer à l’instant que les inquiétudes proviennent de quelques tuteurs et non pas des participants.
17h00

Voilà, chaque groupe revient avec ses productions. Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a été apporté. Cependant, la question du règlement intérieur a retenu mon attention…

Le 23 juin à Vigy

L’aventure continue! Jean-Paul nous fait la synthèse des réactions écrites en toute fin de journée. J’avoue ne pas avoir vraiment suivi le reste de la matinée, j’étais pris ailleurs, non pas que j’étais en dehors du lieu de formation, j’y étais bien mais mon attention était ailleurs ou plus précisément elle s’était réinvestie en moi comme un escargot entrant dans sa coquille. Il est vrai que je ne suis pas à l’aise depuis hier […]. J’accepte sincèrement la critique surtout lorsque elle est bienveillante. Par contre, je n’accepte pas le sabotage systématique d’une construction en devenir notamment lorsque l’avenir de jeunes militants est en jeu. Pour revenir à mon ailleurs de ce matin, je m’étais repenché sur mon article à produire pour Gaston Pineau. L’écriture est ce qui se passe à l’intérieur de la coquille protectrice de l’escargot, elle est en repli, seule et isolée du reste du monde. En pourtant, l’écriture se nourrit du monde et se donne au monde. La coquille est, alors, poreuse. En reprenant H. Arendt en référence à la dernière entrée de mon journal de lecture, je pense qu’écrire est une œuvre comme l’ouvrier est sur son ouvrage (je pense bien sûr à l’ouvrage L’établi de Robert Linhart, Edition de Minuit, 1981).

Le24 juin 2009 à Vigy

Ce matin, nous avons invité A. Desjardin à présenter son livre et plus largement son parcours de sa militance. L’instant est solennel.

Plusieurs questions se posent : est-ce que le militant produit l’Histoire dans ses mutations ou est-ce que les mutations de l’Histoire produisent de nouveaux militants? Le militant est-il celui qui réagit aux injustices? Quelles injustices? Doit-on réagir à toutes ces injustices? Faut-il mourir debout ou vivre à genoux? Les victoires sociales sont-elles toujours le fruit de luttes collectives? Prend-on du plaisir à lutter jusqu’au bout? Il n’y a pas de résistance efficace sans un ancrage fort sur un territoire (Larzac, Lip).

La prise de conscience n’est pas spontanée. Il est organisé des processus de destruction de l’altérité, des processus pour installer la haine. Il existe des sentinelles citoyennes que l’on rencontre sur le chemin, qui invitent à ouvrir les yeux sur le monde, plus particulièrement sur les injustices produites par ce même monde.

Le 25 juin 2009 de retour à Paris

Aujourd’hui, je n’ai rien à écrire de particulier sur la famep. Seulement, l’atelier d’écriture (mené de front par Tug, Lili et Mumu, ces deux dernières sont des participantes de la famep) m’a beaucoup impressionné : moments studieux, silencieux et respectueux. Oui, c’est cela, nous avons gagné le pari de cette première semaine.

Le 26 juin 2009 dans le métro vers Paris8

Les 16 participants de la première promo de la famep forment une belle équipe et je suis persuadé que nous allons faire du bon boulot. Et pourtant, le niveau d’étude va de bac- à bac+7 et les âges oscillent entre 21 et 47 ans. Ces différences peuvent être des handicaps mais nous en ferons des atouts pour la famep. Mercredi prochain, je travaille avec l’équipe du service de la VAE de Paris8 pour caler la VAE/famep.

17h30 de retour à la maison (toujours dans le métro)

Ha, sacrée ligne 13, cela fait des années que je te fréquence et tu es toujours aussi bourrée ! Pas une heure, pas un jour où tu ne dessoûles pas ! Mais bon, revenons à des plus choses sérieuses, j’ai vu mon patron ce matin et j’ai fait le point sur la famep. Nous sommes très étonnés de voir des participants à la famep autant diplômés. C’est une vraie question et il faudra, sans doute, revoir l’accueil de ces personnes dans les diplômes correspondants. D’un autre côté, est-ce bien raisonnable ? Faut-il mettre en perspective un diplôme à chaque fois. Je ne pense pas et il faudra être très attentif à cette question mercredi prochain et surtout avec nos 16 participants.